Les éveilleurs 1 Salicande – Pauline ALPHEN

Sublime couverture

Résumé

Claris a 12 ans et vit avec son père, Eben, et son frère jumeau, Jad, dans une vallée reculée et protégée par des montagnes d’accès difficile. Malgré la disparition précoce de leur mère et la mélancolie de leur père, malgré le handicap de son jumeau, Claris est une jeune fille enjouée, téméraire, qui rêve d’aventures.

Des aventures comme celles qu’elle lit dans les livres de la tour interdite où s’est réfugié son père depuis la disparition de sa femme, des aventures comme celle que lui lisait sa mère, des aventures comme celles que son jumeau, handicapé, ne peut pas vivre. Mais Claris est persuadée que les aventures n’arrivent jamais aux filles.

L’avenir va lui montrer qu’elle ne peut pas se tromper davantage…

Mon avis

C’est la deuxième fois que je lis ce livre et l’émerveillement est toujours intact. Pauline Alphen a le don pour tisser son univers comme un cocon douillet qui vous donne envie de profiter de la vie et de la beauté du monde qui vous entourent.

Le résumé est assez trompeur finalement parce qu’il n’est pas vraiment question de grandes aventures, plutôt un roman d’initiation pour les deux jumeaux qui découvrent le monde au delà de leur château et le passé de leur civilisation. Car s’il n’en a pas l’air, ce récit est du style futuriste autant que fantastique.

Le monde de Claris et Jad  se situe bien après notre époque. Après les manipulations génétiques de masse et l’avancée des jeux psychiques, une catastrophe emporta grand nombre d’adolescents et modifia complètement l’organisation des être humains qui retrouvent une époque pré-industrielle (artisana, agriculture,…). Pourtant on y trouvera aussi fées et elfes, Nomades de l’écriture et… ah vous verrez bien 🙂

Outre cet univers très bien construit et lumineux (croyez-moi vous aurez envie d’aller habiter à Salicande), l’auteur a soigné ses personnages principaux et secondaires par d’infimes détails dans leurs personnalités qui vous les rendront de suite sympathiques. Pas de méchant par contre, juste des mystères, des prédictions, des disparitions, des adolescents qui grandissent, des pouvoirs psy, formant un récit très doux : pas de péripéties époustouflantes mais on ne s’ennuie pas une minute ! Et puis accélération sur la fin et …. suite au tome 2

Je conseille cet ouvrage à tous ceux qui cherchent une littérature jeunesse différente : pas d’adolescente amoureuse du bogoss du lycée ici mais une intrigue merveilleuse qui incite à la réflexion sur ce que nous faisons de notre monde, de notre vie, sur nos rapports avec les autres. Bref une lecture intelligente et relaxante en ces temps sombres de blocus ^^

Bande son perso : toute la discographie de Cécile Corbel,

entre autre : La valse des ondines

La nuit des enfants rois – Bernard LENTÉRIC

enfants-rois-couverture

Beurk la couverture

4ème de couverture

Oubliez la 4ème de couverture (et d’ailleurs la couverture aussi, elle est très moche), elle ne rend absolument pas hommage au livre. On ne commence pas par les 7, on commence par Jimbo, génie informatique décalé, adorablement gentil.

Quand on fait sa connaissance le brave jeune homme surveille l’ordinateur le plus puissant du monde (pour l’époque, ce livre date de 1982) nommé Fozzy tout en jouant au train électrique. Cet ordinateur a, entre autres, la mission de dénicher les enfants les plus doués des États-Unis suivant une expérience simple : les enfants sont laissés libres devant l’écran et y font apparaître ce qu’ils peuvent. Le drame c’est qu’il est effectivement possible de trouver des génies de cette façon. Fozzy en localise 7.

A partir de cet instant, ces 7 enfants sur-doués deviennent l’obsession de Jimbo qui va tout faire pour les retrouver et les réunir.

C’était une bonne idée jusqu’à ce que ces chers enfants se fassent agresser dans Central Park. Les sept décident alors de se venger sur le monde et le sang va couler…

Mon avis

Malgré son année de parution, ce roman ne se démode pas ! Bon certes les termes informatiques datent un peu mais à peine (après tout Jimbo parle à Fozzy comme à son meilleur pote, je peux vous assurer que mon ordi en est incapable). L’intrigue, elle, est indémodable : lutte du gentil génie contre les cerveaux diaboliques et les pauvres mortels qui assistent impuissant aux évènements.

On s’attache très vite à Jimbo et on est fasciné par ces ados méprisant leur entourage (comme finalement tous les adolescents). Le récit est rapide, le suspense présent tout du long et ce petit livre se finit presque trop vite tellement il est bon.

A lire, relire, re-relire, re-re-relire,etc…

Bande son personnelle : Kent – Töntarna

Image du film

Note : un film 3D est prévu ce mois-ci mais l’adaptation me semble douteuse que ce soit pour le scénario ou pour la représentation des personnages (bon sang Jimbo est blond, c’est quoi ce mec aux cheveux noirs ?). En voici pour information la bande annonce :


Malhorne – Livre 1 : le trait d’union des mondes – Jérôme CAMUT

Nouvelle couv Bragelonne

Synopsis

Il vient de la nuit des temps.
Il a franchi la frontière qui sépare la vie de la mort. Et, aujourd’hui, le moment de la révélation est venu.

Tout commence lorsque l’ethnologue Franklin Adamov découvre, au fin fond de l’Amazonie, une statue représentant un homme assis armé d’une épée. L’homme est de type européen, l’objet date du XVe siècle, et sur la garde de l’épée est inscrit un mot.  » Malhorne « . C’est impossible… Pourtant, ce n’est que le premier indice.
En effet, peu après, Franklin est contacté par une fondation appartenant à un riche financier, qui lui offre des moyens illimités pour résoudre cette énigme. Car le mystère s’épaissit: on a repéré une deuxième statue, absolument identique, à l’autre bout du monde…

Qui se cache derrière ces monuments ? Qui a laissé ces signes, et pourquoi ? Alors débute une traque haletante, une quête initiatique à travers l’Histoire, les cultures et les religions du monde entier, dont l’enjeu est rien moins que l’immortalité.

Mon avis

La 4ème de couverture de la version poche m’avait déjà fait de l’oeil mais j’ai surtout profité de sa sortie en numérique pour 4,99€ (et sans DRM s’il vous plait !) qui en plus présentait un résumé plus attractif.

Malhorne 1 donc c’est d’abord l’histoire d’un jeu de piste à retrouver des statues assez étranges. Avouez qu’une statue d’un chevalier avec des caractères latins retrouvée en Amazonie datant du 15ème siècle a de quoi mettre le cerveau d’un ethnologue en ébullition. Ensuite forcément on cherche qui a bien pu sculpter ces oeuvres réalisées sur plusieurs siècles. On suit dans ses recherches Franklin Adamov, ethnologue un peu candide mais fort sympathique. Enfin, forcément on rencontre Malhorne, âme âgée de plusieurs siècles qui raconte sa longue histoire.

Ce livre est une très bonne lecture. L’intrigue est fantastique mais sans être trop tirée par les cheveux. l’auteur parvient à nous tenir en haleine tout le long du récit tout en changeant radicalement de type d’intrigue en fait. On a d’un côté toute la recherche du personnage (suspence) puis son histoire (témoignage, question du sens de la vie) avec enfin la question cruciale : qu’en faire ?(thriller ?)

Coup de maître : la fin (enfin à mon avis), complètement ouverte, tout peut encore se passer dans le deuxième tome et je suis très curieuse quant à la manière dont l’auteur va faire continuer son récit.

Je conseille ce livre à tous les amateurs de fantastique (attention ce n’est pas de la fantasy) qui recherchent un peu d’originalité après une dizaine d’ouvrages sur les chauves-souris et les poilus. A acheter en poche ou en numérique sur Immatériel (certifié sans DRM 🙂 ).

Bande-son perso : Pace is the trick – Interpol

Le mec de la tombe d’à côté – Katarina MAZETTI

4ème de couverture

Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari, qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire et citadine, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance, rempli de livres. Au cimetière, elle croise souvent le mec de la tombe d’à côté, dont l’apparence l’agace autant que le tape-à-l’œil de la stèle qu’il fleurit assidûment.

Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s’en sort comme il peut, avec son bon sens paysan et une sacrée dose d’auto-dérision. Chaque fois qu’il la rencontre, il est exaspéré par sa voisine de cimetière, son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie.

Un jour pourtant, un sourire éclate simultanément sur leurs lèvres et ils en restent tous deux éblouis… C’est le début d’une passion dévorante. C’est avec un romantisme ébouriffant et un humour décapant que ce roman d’amour tendre et débridé pose la très sérieuse question du choc des cultures.

Histoire d’un malentendu

Je grince les dents à la mention « romantisme ébouriffant et un humour décapant« . Non ça n’est pas romantique (ou si peu), non ce roman n’est pas drôle.

Tout d’abord, nous n’avons pas là une histoire d’amour, nous avons l’histoire d’une attirance physique, car à part le sexe, Benny et Désirée ne partagent rien. Chacun vit dans son monde et compte bien ne pas en changer. Benny veut une épouse paysanne pour l’aider avec sa ferme qu’il a bien du mal à gérer tout seul, Désirée veut garder son indépendance, parler culture et ne sait ni cuisiner ni donner un coup de main pour quoi que ce soit. On rencontre donc deux stéréotypes sur un style ni drôle ni poétique.

On a l’impression depuis le début que ça ne va pas marcher et ça ne marche pas. Entre-temps on ne rit pas vraiment parce qu’entre les coups de colère et les crises de larmes, je n’ai pas trouvé le moindre comique de situation. S’il y a présence d’humour, il est grinçant et personnellement ça m’a surtout donné envie de boxer les personnages.

Donc ne faites pas comme moi, ne l’achetez pas, gardez vos sous pour une vraie comédie romantique si c’est ce que vous voulez lire

Bande-son perso : Can you hear me – Poets of the fall

Mon épouse américaine – Ruth L. OZEKI

Synopsis

couverture plutôt sympa

L’épouse américaine aime la viande. L’épouse américaine représente l’idée de viande : robuste, saine et raisonnablement calorique. L’épouse américaine est la viande. Voilà toute l’idée du show télé que Jane Takagi-Little, journaliste métisse, anime pour le public japonais pour un sponsor d’exportation de la viande de boeuf au Japon.

Du boeuf au pays du poisson cru ? L’idée semble improbable, mais Jane l’a bien compris : sous le steak, c’est tout le rêve américain qu’elle introduit, de force, dans l’assiette du Japonais moyen. Sa double culture – ni d’ici ni de là-bas – sert merveilleusement le programme. Et ça marche !

Dans la banlieue de Tokyo, Akiko tente déjà de résister aux assauts de son mari, convaincu qu’elle ne parviendra à lui donner un enfant qu’après un sévère régime bovin…

Mon avis

Je suis en pleine période « je lis les livres que j’avais déjà essayé de lire une fois mais que j’avais abandonné« . Maintenant que j’ai un carnet pour cela, je note plus précisément les raisons pour lesquelles j’abandonne une lecture. Dans le cas de ce livre je ne l’avais pas noté mais c’était surtout « manque de temps » alors j’ai réessayé.
Du coup je me dis que c’était aussi, manque de… maturité ? Allez savoir, il y a parfois tout simplement des livres qu’il faut être prêt à lire pour en apprécier tout le contenu. Attention, contrairement à ce qu’on pourrait croire en lisant le résumé, on parle assez peu du Japon, ce n’est pas le sujet de ce livre.

L’histoire de Jane et Akiko commence sur fond d’une série-publicité-télé-réalité . Alors on s’intéresse aux coulisses de l’émission, on a pitié du sort d’Akiko dont le mari est un dictateur miniature, on fait amie-amie avec Jane, la narratrice. Puis au fur et à mesure des pages, on sent qu’il y a quelque chose qui foire dans le monde du boeuf. Et Jane se retrouve prise entre son métier et son éthique. C’est alors qu’elle tombe enceinte…

Ce livre m’a plu par son fond engagé. On en apprend de belles sur le boeuf américain et ça fait même froid dans le dos. En tout cas ça donne envie d’en savoir plus. Mais il ne faut pas croire que ce n’est qu’un roman catastrophe ou documentaire ! Ses personnages sont vraiment attachants et l’intrigue intéressante.

Ce n’est peut-être pas un gros coup-de-coeur mais c’est un livre que j’ai eu plaisir à lire et que je conseille à tous. Je trouve personnellement que découvrir un sujet par un roman est un bon début même s’il faut par la suite lire des publications plus sérieuses sur le-dit sujet.

Bande-son perso : Tron original soundtrack – Daft Punk

A comme Association – Erik l’HOMME et Pierre BOTTERO

Résumé du premier tome

Jasper vit à Paris, va au lycée et joue de la cornemuse dans un groupe de rock médiéval. Depuis peu, il fréquente aussi le 13, rue du Horla, l’adresse ultra secrète de l’Association. L’organisation a repéré chez lui des aptitudes certaines pour la magie et lui a proposé de devenir agent stagiaire. Armé d’une bombe lacrymogène au jus d’ail, Jasper est envoyé chez les vampires pour enquêter sur un trafic de drogue. Attention au retour du jet d’ail !

Résumé du deuxième tome

Elle s’appelle Ombe, est lycéenne à Paris et adore la moto. Elle a aussi l’incroyable pouvoir d’être incassable ou presque. C’est pourquoi L’Association l’a recrutée comme agent stagiaire.
Une stagiaire de choc, qui fait des débuts remarqués en explosant une bande de gobelins devant tous ses camarades de classe. Le problème ? La discrétion est une obligation absolue au sein de L’Association, comme le lui rappelle Walter, son directeur. Et à force de foncer tête baissée, Ombe l’incassable risque fort de comprendre ce que « ou presque » veut dire.

Mon avis

Ce fut l’affrontement entre deux volontés (celle de mon côté fan des deux auteurs et celle de mon portefeuille). Parce que oui 9,90€ c’est cher pour des livres aussi fins et aussi courts (surtout connaissant ma vitesse habituelle de lecture). Cependant Erik l’Homme et Pierre Bottero sont deux de mes auteurs jeunesse préférés et et et… Bottero est mooooort (ô rage ô désespoir) donc je sais très bien que le tome 2 et le tome 4 sont ses deux dernières production. En plus, je savais pertinemment bien que je ne serai pas déçue d’une association des deux écrivains.

Puis j’ai lu le premier d’occasion et c’était foutu, j’ai acheté la suite et si je n’ai pas encore le tome 4 c’est que je n’ai pas encore trouvé le temps de l’acheter. Jasper est tordant, Ombe fascinante, les intrigues intéressantes, l’univers très bien conçu (incroyable comme ces deux auteurs peuvent vous emmener dans leur univers en si peu de mots).

Ce ne sont pas des chefs d’œuvres (d’ailleurs je lis peu de chefs d’œuvre, ça me pèse sur l’estomac) mais ce sont des moments de lecture à suspense, où on rit, où on croise les doigts, où on a peur avec les héros, bref à acheter et lire , relire, rerelire,…

Bande-son perso : Puggy – When you know

Auprès de moi toujours – Kazuo ISHIGURO

4ème de couverture

Kath, Ruth et Tommy ont été élèves à Hailsham dans les années quatre-vingt-dix ; une école idyllique, nichée dans la campagne anglaise, où les enfants étaient protégés du monde extérieur et élevés dans l’idée qu’ils étaient des êtres à part, que leur bien-être personnel était essentiel, non seulement pour eux-mêmes, mais pour la société dans laquelle ils entreraient un jour. Mais pour quelles raisons les avait-on réunis là ? Bien des années plus tard, Kath s’autorise enfin à céder aux appels de la mémoire et tente de trouver un sens à leur passé commun. Avec Ruth et Tommy, elle prend peu à peu conscience que leur enfance apparemment heureuse n’a cessé de les hanter, au point de frelater leurs vies d’adultes.

Mon humble avis

Voilà une 4ème de couverture qui… ne dit en fait pas grand chose sur le contenu même du livre. J’avais déjà essayé de le lire il y a un an environ sous les conseils d’Odwy  mais le style mystérieux (on parle de don, d’accompagnant mais de quoi ?) m’avais poussée à le laisser de côté.

Puis j’ai vu la bande annonce du film « Never let me go » et même si on en dit pas vraiment plus, le trailer titille beaucoup plus votre curiosité. Je suis alors tombée dans le panneau médiatique et j’ai lu le livre, en entier cette fois, avec les visages des acteurs bien dans la tête.

Et qu’en dire alors ? Eh bien ce n’est pas un coup de coeur. C’est plus une parenthèse, le genre de livre qu’on lit jusqu’au bout par ce que l’écriture nous berce, page après page vers le dénouement. Pas de grands frissons, pas d’ennui non plus. On découvre progressivement le destin des trois jeunes protagonistes tout comme les règles bizarres de leur école. Puis à la fin Révélation (mais je n’en dis pas plus) qui … bah ne m’a pas fait l’effet escompté.

C’est donc une lecture agréable mais sans plus, à emprunter ou acheter d’occasion

Bande-son perso : Heaven is not enough – Steve CONTE