Mr. Penumbra’s 24-Hour Bookstore / Robin Sloan

Image Les livres anglophones et moi c’est quitte ou double. Soit j’accroche vraiment et ce sont des coups de coeur, soit je n’arrive pas à rentrer dans l’histoire et je ne les termine pas (n’est-ce pas Starter  for ten ?).

Celui-là, je l’ai vu plusieurs fois sur Tumblr et comme Tumblr est devenu le grand guide de ma vie, j’ai tenté le coup. Avec bonheur car ce livre est une petite perle.

Pas de meurtre, pas de grands drames amoureux mais une énigme intéressante.

Clay Jannon est un designer sans emploi qui réussi à devenir assistant dans une librairie ouverte 24h sur 24. Une librairie qui n’accueille pas grand monde, si ce n’est d’étranges personnages qui empruntent des livres dont le contenu est codé. Clay décide alors de percer le mystère de cette libraire avec l’aide de son ordinateur et de son amie Kat, employée chez Google.

Ce livre est fait pour les gens, comme moi, qui aiment toujours l’odeur du papier tout en étant fascinés par les nouvelles technologies. C’est un mystère à petite échelle, sans gros complot mondial ou de révélation religieuse ou autre mais bien ficelé, impliquant librairies et musée. Juste mon dada quoi. Si ça vous intéresse, n’hésitez pas et si vous ne lisez pas l’anglais, guettez la traduction française (Ils doiivent le traduire, je dis)

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L’Apothicaire – Henri LOEVENBRUCK

Couverture de l'ApothicaireLe livre

« Il vécut à Paris en l’an 1313 un homme qui allait du nom d’Andreas Saint-Loup, mais que d’aucuns appelaient l’Apothicaire, car il était le plus illustre et le plus mystérieux des préparateurs de potions, onguents, drogues et remèdes…« 

Un matin de janvier, cet homme découvre dans sa boutique une pièce qu’il avait oubliée… Il comprend alors que jadis vivait ici une personne qui a soudainement disparu de toutes les mémoires. L’Apothicaire, poursuivi par d’obscurs ennemis, accusé d’hérésie par le roi Philippe le Bel et l’Inquisiteur de France, décide de partir jusqu’au mont Sinaï.

Mon avis

Mmm comment pourrais-je résister à un roman d’Henri Loevenbruck. C’est tout bonnement impossible si comme moi vous avez lu sa trilogie fantasy de la Moïra, celle de Gallica, puis ses trillers, son roman jeunesse co-écrit avec Ange et si vous aussi vous avez visité son site web dernièrement où il décrit son dernier roman :

Retrouvez dans toutes les bonnes librairies mon treizième roman, l’Apothicaire, qui est aussi, n’ayons pas peur des mots, le livre de ma vie. Celui qui m’a donné le plus de travail et le plus de plaisir. Le livre le plus personnel et, je l’espère, le plus réussi de ma carrière. Sept ans de préparation, deux ans d’écriture, et beaucoup, beaucoup d’émotion à la veille de cette publication.

J’ai donc demandé le livre à papa Nowel et je l’ai dévoré en trois soirs (parce que examens obligent, j’ai résisté à la tentation de le lire en journée).

On y retrouve quelques motifs chers à l’auteur soit le voyage initiatique et la figure du héros poursuivit. Qu’importe, le récit, l’époque et les personnages sont bien différents différents. Je pensais que j’aurais du mal à m’habituer à Andréas, presque la quarantaine, chauve, apothicaire,… bref pas vraiment la figure de l’aventurier, mais finalement le bonhomme est attachant par son caractère. Le personnage est tellement bien construit que finalement, les autres font un peu pâle figure.

On lit ce livre pour le personnage, on le lit aussi pour le voyage. Loevenbruck nous entraine dans la France du 14ème siècle avec un style différent que dans ses précédents ouvrages. Un sytle de conteur qui lui va bien et qui nous plonge directement dans l’histoire.

Il nous conte donc Andréas, figure septique face aux religions, ayant lu beaucoup des philosophes, érudit dans l’art des médicaments de l’époque. C’est surtout l’histoire d’une confrontation entre l’esprit rationnel et l’ésotérisme de l’époque et c’est passionnant.

Je ne spoilerai pas l’intrigue du livre qui est savoureuse et rocambolesque (oui oui quand même). J’en recommande chaudement la lecture à tous les amateurs d’intrigues historiques et des apparitions succinctes mais troublantes du mystérieux-merveilleux-qu’on n’explique pas et que c’est très bien comme ça.

Une boisson chaude, la bande originale d’un film épique et voilà de quoi occuper agréablement les vacances.

Le mec de la tombe d’à côté – Katarina MAZETTI

4ème de couverture

Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari, qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire et citadine, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance, rempli de livres. Au cimetière, elle croise souvent le mec de la tombe d’à côté, dont l’apparence l’agace autant que le tape-à-l’œil de la stèle qu’il fleurit assidûment.

Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s’en sort comme il peut, avec son bon sens paysan et une sacrée dose d’auto-dérision. Chaque fois qu’il la rencontre, il est exaspéré par sa voisine de cimetière, son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie.

Un jour pourtant, un sourire éclate simultanément sur leurs lèvres et ils en restent tous deux éblouis… C’est le début d’une passion dévorante. C’est avec un romantisme ébouriffant et un humour décapant que ce roman d’amour tendre et débridé pose la très sérieuse question du choc des cultures.

Histoire d’un malentendu

Je grince les dents à la mention « romantisme ébouriffant et un humour décapant« . Non ça n’est pas romantique (ou si peu), non ce roman n’est pas drôle.

Tout d’abord, nous n’avons pas là une histoire d’amour, nous avons l’histoire d’une attirance physique, car à part le sexe, Benny et Désirée ne partagent rien. Chacun vit dans son monde et compte bien ne pas en changer. Benny veut une épouse paysanne pour l’aider avec sa ferme qu’il a bien du mal à gérer tout seul, Désirée veut garder son indépendance, parler culture et ne sait ni cuisiner ni donner un coup de main pour quoi que ce soit. On rencontre donc deux stéréotypes sur un style ni drôle ni poétique.

On a l’impression depuis le début que ça ne va pas marcher et ça ne marche pas. Entre-temps on ne rit pas vraiment parce qu’entre les coups de colère et les crises de larmes, je n’ai pas trouvé le moindre comique de situation. S’il y a présence d’humour, il est grinçant et personnellement ça m’a surtout donné envie de boxer les personnages.

Donc ne faites pas comme moi, ne l’achetez pas, gardez vos sous pour une vraie comédie romantique si c’est ce que vous voulez lire

Bande-son perso : Can you hear me – Poets of the fall

Mon épouse américaine – Ruth L. OZEKI

Synopsis

couverture plutôt sympa

L’épouse américaine aime la viande. L’épouse américaine représente l’idée de viande : robuste, saine et raisonnablement calorique. L’épouse américaine est la viande. Voilà toute l’idée du show télé que Jane Takagi-Little, journaliste métisse, anime pour le public japonais pour un sponsor d’exportation de la viande de boeuf au Japon.

Du boeuf au pays du poisson cru ? L’idée semble improbable, mais Jane l’a bien compris : sous le steak, c’est tout le rêve américain qu’elle introduit, de force, dans l’assiette du Japonais moyen. Sa double culture – ni d’ici ni de là-bas – sert merveilleusement le programme. Et ça marche !

Dans la banlieue de Tokyo, Akiko tente déjà de résister aux assauts de son mari, convaincu qu’elle ne parviendra à lui donner un enfant qu’après un sévère régime bovin…

Mon avis

Je suis en pleine période « je lis les livres que j’avais déjà essayé de lire une fois mais que j’avais abandonné« . Maintenant que j’ai un carnet pour cela, je note plus précisément les raisons pour lesquelles j’abandonne une lecture. Dans le cas de ce livre je ne l’avais pas noté mais c’était surtout « manque de temps » alors j’ai réessayé.
Du coup je me dis que c’était aussi, manque de… maturité ? Allez savoir, il y a parfois tout simplement des livres qu’il faut être prêt à lire pour en apprécier tout le contenu. Attention, contrairement à ce qu’on pourrait croire en lisant le résumé, on parle assez peu du Japon, ce n’est pas le sujet de ce livre.

L’histoire de Jane et Akiko commence sur fond d’une série-publicité-télé-réalité . Alors on s’intéresse aux coulisses de l’émission, on a pitié du sort d’Akiko dont le mari est un dictateur miniature, on fait amie-amie avec Jane, la narratrice. Puis au fur et à mesure des pages, on sent qu’il y a quelque chose qui foire dans le monde du boeuf. Et Jane se retrouve prise entre son métier et son éthique. C’est alors qu’elle tombe enceinte…

Ce livre m’a plu par son fond engagé. On en apprend de belles sur le boeuf américain et ça fait même froid dans le dos. En tout cas ça donne envie d’en savoir plus. Mais il ne faut pas croire que ce n’est qu’un roman catastrophe ou documentaire ! Ses personnages sont vraiment attachants et l’intrigue intéressante.

Ce n’est peut-être pas un gros coup-de-coeur mais c’est un livre que j’ai eu plaisir à lire et que je conseille à tous. Je trouve personnellement que découvrir un sujet par un roman est un bon début même s’il faut par la suite lire des publications plus sérieuses sur le-dit sujet.

Bande-son perso : Tron original soundtrack – Daft Punk

Auprès de moi toujours – Kazuo ISHIGURO

4ème de couverture

Kath, Ruth et Tommy ont été élèves à Hailsham dans les années quatre-vingt-dix ; une école idyllique, nichée dans la campagne anglaise, où les enfants étaient protégés du monde extérieur et élevés dans l’idée qu’ils étaient des êtres à part, que leur bien-être personnel était essentiel, non seulement pour eux-mêmes, mais pour la société dans laquelle ils entreraient un jour. Mais pour quelles raisons les avait-on réunis là ? Bien des années plus tard, Kath s’autorise enfin à céder aux appels de la mémoire et tente de trouver un sens à leur passé commun. Avec Ruth et Tommy, elle prend peu à peu conscience que leur enfance apparemment heureuse n’a cessé de les hanter, au point de frelater leurs vies d’adultes.

Mon humble avis

Voilà une 4ème de couverture qui… ne dit en fait pas grand chose sur le contenu même du livre. J’avais déjà essayé de le lire il y a un an environ sous les conseils d’Odwy  mais le style mystérieux (on parle de don, d’accompagnant mais de quoi ?) m’avais poussée à le laisser de côté.

Puis j’ai vu la bande annonce du film « Never let me go » et même si on en dit pas vraiment plus, le trailer titille beaucoup plus votre curiosité. Je suis alors tombée dans le panneau médiatique et j’ai lu le livre, en entier cette fois, avec les visages des acteurs bien dans la tête.

Et qu’en dire alors ? Eh bien ce n’est pas un coup de coeur. C’est plus une parenthèse, le genre de livre qu’on lit jusqu’au bout par ce que l’écriture nous berce, page après page vers le dénouement. Pas de grands frissons, pas d’ennui non plus. On découvre progressivement le destin des trois jeunes protagonistes tout comme les règles bizarres de leur école. Puis à la fin Révélation (mais je n’en dis pas plus) qui … bah ne m’a pas fait l’effet escompté.

C’est donc une lecture agréable mais sans plus, à emprunter ou acheter d’occasion

Bande-son perso : Heaven is not enough – Steve CONTE